Fabien Rétif soutiendra sa thèse intitulée "Modélisation du niveau instantané de la mer en conditions paroxysmales : Caractérisation des contributions à différentes échelles de temps et d’espace", le mardi 17 novembre 2015 à 14h30 dans l'amphithéâtre 23.01 du Campus Triolet de l'Université de Montpellier.

Les tempêtes tropicales sont l’un des principaux moteurs des niveaux d’eau extrêmes notamment à cause des forts vents, des pluies torrentielles et des fortes houles qui les accompagnent.

L’océan Pacifique nord-ouest est l’endroit où ces tempêtes tropicales (appelées typhons dans cette zone) sont les plus violentes au monde dépassant souvent les 95 nœuds de vent (175 km/h). L’île de Taïwan subit chaque année 3 à 4 typhons qui la frappent directement et une vingtaine qui passent à proximité de l’île. La quantification des variations du niveau instantanée de l’eau reste encore aujourd’hui un sujet de recherches actif. En effet, l’identification des processus physiques qui peuvent devenir dominants sur le niveau en conditions paroxysmales est cruciale pour la gestion et la protection des zones côtières. Ce travail de thèse basé sur une approche numérique, permet de discuter les mécanismes hydrodynamiques régionaux fondamentaux à l’origine de l’élévation du niveau d’eau le long de la barrière sableuse de Wan-Tzu-Liao au sud-ouest de Taïwan.

L’utilisation du modèle de circulation 3D SYMPHONIE et du modèle de vagues WAVEWATCH III permet d’étudier la saison de mousson 2011 et la saison des typhons 2012 sur une zone s’étendant à environ 600 km autour de l’île de Taïwan. Ces simulations intègrent convenablement la totalité des forçages météo-marins ayant un rôle sur la circulation et le niveau d’eau à la côte : vent, flux atmosphériques, circulation grande échelle, marée, pression atmosphérique, rivières et vagues. Le couplage entre les vagues et les courants est complet en 3D et les deux modèles partagent la même grille de calcul.

Par ailleurs, dans le cadre du projet franco-taïwanais KUNSHEN, un ensemble d’appareils a été déployé entre octobre 2011 et novembre 2012 le long d’un profil cross-shore de la barrière sableuse. La simulation complète de niveau d’eau rend compte des surcotes générées par les typhons avec une erreur de l’ordre de 0.15 m. Pour étudier les mécanismes hydrodynamiques, un ensemble de simulations a été réalisé afin d’isoler les contributions. Leur analyse montre que le forçage dominant est celui de la marée astronomique (~1 m), suivi par la circulation régionale (0.4-0.6m) puis des conditions météorologiques (0.2-0.3 m). Dans cette zone à forte dissipation énergétique, la contribution des vagues est négligeable avec moins de 0.1 m d’élévation. La contribution des rivières est, elle aussi, faible (< 0.1 m).